Guide patient
Les méthodes de contraception : comment choisir ?
Il n’existe pas une contraception idéale pour tout le monde. Le bon choix dépend surtout de votre santé, de vos préférences, de votre mode de vie, de vos règles et de vos projets. Il peut changer au cours de la vie.
Le meilleur choix est celui qui est adapté à votre situation
Implant et DIU évitent d’y penser tous les jours
Il existe des méthodes avec et sans hormones
Les préservatifs réduisent aussi le risque de nombreuses IST
Avec ou sans œstrogènes ?
La pilule combinée, le patch et l’anneau vaginal contiennent un œstrogène et un progestatif. Ils bloquent principalement l’ovulation.
La pilule progestative, l’implant et le DIU hormonal utilisent un progestatif sans œstrogène. Le DIU au cuivre et les méthodes barrières ne contiennent pas d’hormone.
Le choix dépend notamment des contre-indications, des facteurs de risque, de la tolérance et de vos préférences.
Si je ne veux pas y penser tous les jours
L’implant et les DIU, au cuivre ou hormonaux, sont des méthodes de longue durée. Une fois posés, ils n’exigent aucun geste quotidien.
Ils sont réversibles : leur retrait est possible si vous souhaitez changer de méthode ou avoir une grossesse.
Et les règles ?
Le DIU au cuivre peut rendre les règles plus abondantes ou plus douloureuses chez certaines personnes.
Le DIU hormonal et certaines méthodes hormonales peuvent au contraire réduire les saignements, voire entraîner une absence de règles. Des saignements irréguliers ou du spotting peuvent aussi survenir.
Ces effets varient d’une personne à l’autre et ne peuvent pas être garantis à l’avance.
Protection contre les IST
Aucune contraception hormonale ni aucun DIU ne protège des infections sexuellement transmissibles.
Le préservatif externe (masculin) et le préservatif interne (féminin) réduisent le risque de nombreuses IST et peuvent être associés à une autre contraception.
La protection n’est pas complète contre certaines infections transmises par contact cutané, notamment le HPV et l’herpès lorsque les zones infectées ne sont pas couvertes par le préservatif.
La contraception d’urgence
Plus la contraception d’urgence est utilisée tôt, plus elle est efficace. Elle ne remplace pas une contraception régulière et ne protège pas des IST.
- Lévonorgestrel : jusqu’à 72 heures après le rapport
- Ulipristal acétate : jusqu’à 120 heures après le rapport
- DIU au cuivre : possible dans les 5 jours suivant le rapport selon le contexte
Comprendre avant de choisir
Comment les contraceptions agissent-elles ?
Quatre mécanismes simples permettent de comprendre l’essentiel. Une même méthode peut en combiner plusieurs.
Bloquer l’ovulation
L’ovaire ne libère pas d’ovocyte.
Exemples : Pilule combinée · implant · certaines pilules progestatives
Épaissir la glaire du col
Les spermatozoïdes franchissent beaucoup plus difficilement le col de l’utérus.
Exemples : Pilules progestatives · implant · DIU hormonal
Agir localement dans l’utérus
Les DIU créent un environnement défavorable aux spermatozoïdes et à la fécondation.
Exemples : DIU au cuivre · DIU hormonal
Faire barrière
Une barrière physique empêche les spermatozoïdes d’atteindre l’utérus.
Exemples : Préservatif externe · préservatif interne · diaphragme
Une même méthode peut agir par plusieurs mécanismes. Ce schéma est volontairement simplifié pour aider à comprendre les grandes différences entre les contraceptions.
Comparer les principales méthodes
Commencez par regarder les trois repères en haut de chaque fiche : hormones, rythme ou durée, et protection contre les IST. Les noms de médicaments ne sont que des exemples pour se repérer, pas des recommandations de marque.
Pilule combinée (estroprogestative)
Elle bloque principalement l’ovulation. Elle modifie aussi la glaire cervicale et l’endomètre.
Exemples pour se repérer : Optilova ou Leeloo, qui associent lévonorgestrel et éthinylestradiol.
Cycles souvent réguliers, arrêt possible à tout moment.
Prise quotidienne et contre-indications à évaluer, notamment sur le plan vasculaire.
Pilule progestative
Elle épaissit la glaire cervicale. Selon le progestatif, elle peut aussi bloquer l’ovulation ; le désogestrel l’inhibe dans la plupart des cycles.
Exemple pour se repérer : Cerazette ou un générique de désogestrel 75 microgrammes.
Peut convenir lorsque les œstrogènes ne sont pas adaptés.
Horaire de prise à respecter ; saignements parfois irréguliers.
Patch contraceptif
Comme la pilule combinée, il bloque principalement l’ovulation et modifie la glaire cervicale.
Pas de prise quotidienne.
Visible, décollement possible et mêmes précautions que les contraceptifs combinés.
Anneau vaginal
Il libère des hormones qui bloquent principalement l’ovulation et modifient la glaire cervicale.
Pose et retrait par la patiente ; pas de prise quotidienne.
Manipulation vaginale et mêmes précautions que les contraceptifs combinés.
Implant contraceptif
Il libère en continu de l’étonogestrel, qui bloque l’ovulation et épaissit la glaire cervicale.
Exemple actuellement disponible : Nexplanon, implant à l’étonogestrel.
Rien à gérer au quotidien ; retrait possible à tout moment.
Pose et retrait par un professionnel ; saignements imprévisibles possibles.
DIU au cuivre
Le cuivre agit localement dans l’utérus et altère la mobilité et la capacité fécondante des spermatozoïdes. Son action est principalement antifécondante.
Il existe plusieurs tailles et modèles de DIU au cuivre ; le choix dépend notamment de l’anatomie et du contexte clinique.
Sans hormone, longue durée et réversible.
Règles parfois plus abondantes ou plus douloureuses ; pose par un professionnel.
DIU hormonal au lévonorgestrel
Il épaissit la glaire cervicale, modifie l’endomètre et gêne la progression et la fonction des spermatozoïdes. L’ovulation peut continuer à survenir.
Exemples actuels : Mirena, efficace jusqu’à 8 ans en contraception, et Kyleena, jusqu’à 5 ans.
Saignements souvent réduits, longue durée et réversible.
Pose par un professionnel ; spotting fréquent les premiers mois.
Préservatif externe (masculin)
C’est une barrière mécanique : il retient le sperme et empêche les spermatozoïdes d’entrer dans le vagin.
Accessible sans prescription et réduit aussi le risque de nombreuses IST.
Doit être utilisé correctement à chaque rapport ; risque de rupture ou de glissement.
Préservatif interne (féminin)
C’est une gaine placée dans le vagin qui fait barrière au sperme et limite le contact avec les sécrétions sexuelles.
Pose possible à l’avance et réduction du risque de nombreuses IST.
Moins disponible, coût et apprentissage de la pose.
Diaphragme ou cape + spermicide
Le diaphragme ou la cape recouvre le col de l’utérus ; le spermicide associé diminue l’activité des spermatozoïdes.
Sans hormone et réutilisable.
Efficacité pratique plus faible, apprentissage nécessaire et spermicide associé.
Méthodes d’observation du cycle, retrait
Elles ne modifient pas le cycle : elles cherchent à repérer la période potentiellement fertile ou à éviter l’éjaculation dans le vagin.
Sans dispositif ni hormone.
Efficacité pratique plus faible et forte dépendance à une utilisation rigoureuse.
Stérilisation à visée contraceptive (femme)
L’intervention empêche les spermatozoïdes et l’ovocyte de se rencontrer en interrompant le passage dans les trompes.
Contraception définitive ; rien à gérer ensuite.
Geste chirurgical à considérer comme irréversible ; délai légal de réflexion de 4 mois.
Vasectomie (partenaire)
Elle interrompt les canaux déférents afin que les spermatozoïdes ne soient plus présents dans l’éjaculat après confirmation de l’efficacité du geste.
Contraception définitive ; intervention réalisée chez le partenaire.
À considérer comme irréversible ; délai légal de réflexion de 4 mois et contrôle du sperme à distance.
Le bon choix en pratique
Cinq questions utiles avant la consultation
Ces questions permettent de préparer la consultation. Les contre-indications, les interactions médicamenteuses, la tolérance et vos préférences doivent être prises en compte avant de choisir ou modifier une contraception.
Questions fréquentes
Le stérilet est-il réservé aux femmes ayant eu des enfants ?
Non. Selon la HAS, ne pas avoir eu d’enfant ou de grossesse n’est pas en soi une contre-indication au DIU. Le choix se discute en consultation, comme pour les autres méthodes.
L’implant fait-il grossir ?
Les effets sur le poids sont variables d’une personne à l’autre et souvent difficiles à rattacher à la seule contraception. Il n’est pas possible de promettre une absence de variation, ni d’affirmer une prise de poids systématique.
Peut-on changer de contraception ?
Oui. Une contraception se réévalue au fil du temps, selon vos préférences, votre santé, votre tolérance et vos projets. Un changement se prépare pour éviter toute période sans protection.
Quelle contraception est la plus efficace ?
Les méthodes de longue durée comme l’implant et les DIU ont l’avantage de ne pas dépendre d’un geste quotidien ou lié au rapport. Le choix doit néanmoins rester individualisé.
Quelle méthode protège des IST ?
Les préservatifs externes ou internes sont les seules méthodes contraceptives qui réduisent aussi le risque d’IST. Cette protection n’est toutefois pas complète pour certaines infections transmises par contact cutané, notamment le HPV et l’herpès lorsque les zones infectées ne sont pas couvertes.
L’absence de règles sous contraception est-elle forcément anormale ?
Non. Certaines contraceptions hormonales peuvent réduire fortement les saignements ou entraîner une aménorrhée. En cas de doute, d’oubli, de symptômes inhabituels ou de risque de grossesse, il faut néanmoins demander conseil.
Parler de contraception en consultation
Le choix d’une contraception, sa mise en place ou son changement peuvent être abordés lors d’une consultation de gynécologie.
Sources
- HAS — Contraception chez la femme adulte et l’adolescente en âge de procréer
- ameli — Comment bien choisir sa contraception ?
- ameli — Contraception hormonale : pilule, patch, anneau, implant
- ameli — Contraceptifs barrières : préservatifs, diaphragme et cape
- ameli — Contraception d’urgence
- ameli — Prévenir les infections sexuellement transmissibles
- Ministère de la Santé — Stérilisation à visée contraceptive
- Base de données publique des médicaments — Optilova
- Base de données publique des médicaments — Cerazette
- Base de données publique des médicaments — Nexplanon
- Base de données publique des médicaments — Mirena
- Base de données publique des médicaments — Kyleena
Page rédigée par le Dr Nicolas Guilhen, gynécologue-obstétricien. Dernière mise à jour : août 2026